L'éphémride du jour...

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L'éphémride du jour...

Message par Auzelles le Mar 7 Nov 2017 - 6:50

L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Carine ainsi que les Ernest, Ernestine, Karelle, Karen et Karine.
Demain, nous fêterons les Geoffroy ainsi que les Clair de Tours et Godefroy.

Le 7 novembre est le 311e jour de l'année du calendrier grégorien, le 312e en cas d'année bissextile. Il reste 54 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 17e jour du mois de brumaire dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du cresson.

à Marseille :
le soleil se lève à 7h 21
le soleil se couche à 17h 22
durée d'ensoleillement : 10h 01 (-2mn)
que je n'aime pas cet horaire, il ne me va pas...

Citation du jour :
« Il est plus honteux de se défier de ses amis que d'en être trompé. »
Duc François de La Rochefoucauld

Dicton du jour :
« À la Saint-Ernest, abats les pommes qu'il te reste. »

Proverbe du jour :
« L'habitude est une seconde nature. »

Événement du jour :
1980 :
L'acteur américain Steve McQueen succombe à une longue maladie, à l'âge de 50 ans. Il a incarné le chasseur de primes Joss Randall dans la très populaire série télévisée Wanted : Dead or Alive. On se souvient de ses rôles dans les films The Great Escape (1963), The Sand Pebbles (1966) et The Thomas Crown Affair (1968).
Steve McQueen a été l'époux de l'actrice Ali MacGrawSteve McQueen, né Terrence Stephen McQueen le 24 mars 1930 à Beech Grove dans l'Indiana aux États-Unis, et mort le 7 novembre 1980 à Ciudad Juárez au Mexique, est un acteur, producteur, pilote automobile et pilote de moto américain.
Ses rôles d'anti-héros ont fait de lui une icône de la contre-culture et, en 1974, il devient l'acteur le mieux payé au monde.

L'historiette du jour :
Poèmes à Peggy de Hel

La nuit, j’écris des poèmes à Peggy. Des poèmes à l’eau de pluie que je cache sous mon lit. Des poèmes en vrac et en morceaux. Faudrait pas que Maman tombe dessus, faudrait pas ça non. Faudrait plutôt que j’en fasse des avions de papier blanc laitier et que je les envole loin au-dessus des lignes qui s’ébattent depuis les pylônes et dessinent des sortes de portées dans le ciel. Parfois quand je les fixe, je vois des notes qui dansent dessus. Mais de ces poèmes je compte bien faire tout autre chose en vérité...

Lire la suite de l'historiette:
Parfois j’essaie juste d’écrire Peggy, de l’écrire exactement pour que jamais elle ne s’efface et que toujours je me rappelle. Parce que je sais qu'on peut perdre des morceaux. Et parce que je veux garder cette brûlure intacte à l’intérieur de mon ventre. Celle de sa voix quand elle raconte, une voix cassée, voilée par le tabac et tabassée par la vie, parce que je crois qu’elle a une voix comme ça Peggy.

Peggy a le teint blanc très blanc presque transparent, blanc du blanc des avions que je voudrais envoler pour elle, les cheveux roux très roux, et comme des éclats de mousse spongieuse autour des pupilles, aussi des milliards de milliers de millions de petites constellations qui partent de sous les yeux jusqu’au menton, et puis qui dès que le soleil de printemps se ramène, courent encore de son cou jusqu’à la naissance de ses seins. Des seins larges et épanouis qui font comme ces pierres de bords de mer où l’on aime à se poser. Des seins qui doivent déborder des mains qui les saisissent, comme j’aimerais en avoir aussi, et Peggy dit que ça viendra, et Maman aussi. Peut-être que les petites étoiles s’étalent encore en dessous et bien plus loin. Peggy est belle. Peggy est ronde ici, et élancée autour de là.

Avec Maman elles se disent amies, elles se présentent comme ça quand on demande. On est un curieux qui aime savoir. Amies c’est drôle, quand on voit comme elles se regardent quand elles se parlent, quand on perçoit comme elles se frôlent.

Parfois Peggy m’attrape le menton quand je passe à côté, elle plante ses yeux de mousse spongieuse dans les miens, et je me sens comme un glacier, liquide dans le profond, et avec quelque chose qui se fissure, et qui éclate, et puis aussi quelque chose qui m’entraîne sous des eaux que je ne sais pas, quelque chose dont je voudrais qu’elle dure et dure encore, et m’emporte à jamais à la fois. Elle fait ça quand je lui parais triste, quand je tourne en rond dans le salon, quand je ne sais plus quoi faire de moi, de mes mains et de mes bras. Parfois elle ajoute des mots à ce geste, des mots qui appellent à saisir tout et rien à la fois. Elle dit des choses comme ça, de saisir et saisir encore, que si on a l’instinct des premières fois avec ce quelque chose de réjoui dans le cœur, on ne sait jamais quand seront les dernières. Que je dois pas avoir peur, et sortir, et saisir le monde.

Je crois que ce n’est pas vraiment à moi qu’elle parle, mais à ses regrets, de n’avoir pas su quand viendraient certaines de ses dernières fois.

Elle déroule souvent la même histoire qui appartient à un bout de sa vie, de ces longs mois qu’elle a passés dans des îles du nord, de l’eau, l’eau qui va et vient et dort, du contact de l’eau au contact de son corps, des mouvements du corps et de l’eau mêlée, et des grandes vagues qui vous emportent tout comme ça.

Peggy est belle. Peggy est forte.

Tous les matins, elle profite de chaque rayon sur la grande terrasse. Et ses mains et ses bras se hissent et se tendent au plus haut qu'on dirait qu'elle essaie de décoller. Mais c'est juste pour détendre le corps, et elle reste à peindre là des heures et des heures et fixer sur des toiles les lueurs du jour.

Tous les matins, sans couvrir rien, en prière au soleil ou à on ne sait quoi d’indicible qui se tient là dans la ligne d’horizon et qu'elle réussit à attraper pour coller sur ses tableaux qui ne sont pas que des tableaux, qui sont aussi des histoires, de pieds et de jambes qui galopent et jouent à saute-mouton dans les nuages, qui font des pointes et des entrechats au nez du vent, et bien d'autres choses encore.

Peggy elle a plus ses jambes, crouic, coupées, tronçonnées, hachées menu-menu, envolées, emportées, disparues. Chuuuut n’en parlons plus. Dessinons-les plutôt, imaginons leur nouvelle vie. Peggy ne cache rien, elle met ses robes tout pareil, qui vont à mi-cuisses, des robes de soleil tissées dans du tissu de vie. Des robes faites pour danser dans le vent, des robes à dégrafer et à froisser en même temps.

La nuit j’écris des poèmes à Peggy. Poèmes à l’eau, poèmes avec des trèfles, poèmes serment et promesse. Encore quelques-uns. C’est pas des poèmes d’amour, ni des poèmes de désir, juste des petits mots qui disent merci, une ode comme ça à tout ce qu’elle me permet de saisir et qui se loge dans mon ventre comme se logent les trésors dans le fond des eaux. Et puis bientôt je m’en vais, bientôt je les laisse toutes les deux, elle et Maman, comme des amies qui chuchotent tard dans le noir. Je partirai peut-être par là-bas vers le nord et ses îles, et je rendrai à l’eau tous les papiers noircis qui parlent de Peggy, et peut-être que l’eau lui rendra à son tour quelque chose qu’elle lui a pris. Peut-être.

Bonne journée à toutes et tous

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Auzelles

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Re: L'éphémride du jour...

Message par Auzelles le Ven 10 Nov 2017 - 7:22

L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Léon ainsi que les Léo, Léone, Léonilde, Léontine, Lionel et Noé.
Demain, nous fêterons les Martin ainsi que les Véran et Vérane.

Le 10 novembre est le 314e jour de l'année du calendrier grégorien, le 315e en cas d'année bissextile. Il reste 51 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 20e jour du mois de brumaire dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de la herse.

à Marseille :
le soleil se lève à 7h 44
le soleil se couche à 17h 06
durée d'ensoleillement : 9h 22 (-2mn)

Célébrations de demain :
• Armistice 1918 (jour férié)

Citation du jour :
« Il n'y a qu'un devoir, c'est d'être heureux. »
Denis Diderot

Dicton du jour :
« À la Saint-Léon, mets tes artichauts en monts. »
    
Proverbe du jour :
« Le mensonge donne des fleurs, mais pas de fruits. »

Événement du jour :
1982 :
Léonide Brejnev, chef de l'État et du parti soviétiques, succombe à une longue maladie, à l'âge de 75 ans. Il aura tenu les rênes du pouvoir soviétique pendant 18 ans, depuis la chute de Nikita Khrouchtchev, en octobre 1964. Le règne de Brejnev a été marqué, sur le plan international, par l'accession de l'U.R.S.S. au rang de puissance mondiale, au même titre que les U.S.A.. L'Histoire retiendra aussi que c'est Léonide Brejnev qui a décidé de l'intervention soviétique en Afghanistan, en 1979. Dès le jour suivant, Youri Andropov est choisi par le comité central du parti communiste comme nouveau chef d'État.
1993 : Aladdin dans les salles
Le dessin animé « Aladdin », inspiré des contes des Milles et une nuits, sort en France un mois avant Noël et connaît un véritable succès. Aux Etats-Unis, c’est la première fois qu’un grand acteur donne sa voix à un personnage d’animation : les dialogues du Génie sont en effet interprétée par Robin Williams. Le film connaîtra deux suites directement sorties en vidéo : « Le retour de Jafar » et « Aladdin et le roi des voleurs ».

L'historiette du jour :
N°12 Camel Intense de Ln(x)

Mon fond de teint est presque vide. Je sais que je n’en retrouverai pas, c’était un coup de bol absolu, ce flacon sous les décombres du centre commercial ravagé. Tout le monde cherchait des conserves, des bouteilles de n’importe quoi, de la nourriture pour bébé, tout ce qui se garde longtemps et dont on sait que le contenu n’est pas contaminé. Plus besoin d’essayer de dénicher des tampons ou des serviettes, on est tous trop affamés, on n’a plus nos règles depuis des mois. C’est plus pratique, soit dit en passant, l’Advil ne court pas les rues ces temps-ci. Bref, tout le monde cherchait de quoi survivre. Moi aussi, en fait, si on y réfléchit.

Lire la suite de l'historiette:
La première disparition, c’était dans un marécage à la tombée de la nuit. On avait pris un risque, espéré atteindre la caverne indiquée sur notre lambeau de carte IGN avant qu’il fasse noir, mais on n’avait pas compté sur le nid-de-poule dans lequel Yvan s’est tordu la cheville. Entorse, foulure, peu importe, on s’est retrouvé à avancer à l’aveugle avec Yvan en travers des épaules de Mariam en se repérant à tâtons pour éviter d’éventuels autres trous. On a fini par atteindre la caverne. Florence nous a comptés, deux, quatre, cinq, il en manque un. Il en manquait un. Philippe le comptable, sec comme un coup de trique et tout aussi aimable, tout à coup déserteur. On n’a pas allumé de feu. S’il n’avait pas suivi c’était son problème et se rendre repérable aurait été une erreur de plus. Avec un blessé, on était déjà affaiblis. Une attaque, et on passait tous à la casserole – figurativement, évidemment, tout le monde sait que les zombies ne s’embarrassent pas de cuisson. On a fini par s’endormir après avoir attribué les tours de garde. Toujours pas de Philippe le lendemain. On a continué.
On croise régulièrement des carcasses sur le chemin. Elles sont toujours trop vieilles, c’est dommage, c’est ce qu’on se dit à chaque fois. Le grand blond dans le fossé nous aurait fait trois repas si on l’avait trouvé deux jours plus tôt, mais maintenant il était trop pourri pour servir à quoi que ce soit sinon à nourrir les herbes folles. Il était musclé, vraiment musclé. Je me demande ce qu’il faisait avant. Je me demande si d’autres survivants sont tombés sur la carcasse de Philippe.
Il n’y a vraiment plus rien dans ce fond de teint, putain.
Contrairement aux idées reçues, on attrape le zombisme par plein d’autres moyens que par simple morsure. Si vous buvez dans une rivière où des zombies sont passés, vous êtes cuit. Pareil si vous dormez dans un endroit qu’ils ont utilisé, si vous mangez quelque chose auquel ils ont touché, s’ils vous vomissent dessus, si vous inspirez leurs postillons. En gros, passez un peu trop près d’un zombie et vous êtes foutu. Ça rend la prophylaxie très compliquée ; s’il suffisait d’abattre les gens avec des traces de morsure on n’en serait sans doute pas là. Mais on fait avec, on se débrouille, petits groupes par petits groupes. On survit.
La deuxième disparition a eu lieu quelques jours après Philippe. Ce coup-là c’était Marie-Félicité, et Florence l’a remarqué beaucoup plus vite. Il ne faisait pas nuit, déjà, ça aide. A un moment donné, Florence a regardé par-dessus son épaule et on n’était plus que quatre. Ça a été plus dur, c’était quelqu’un de bien, Marie-Félicité. Florence a conclu qu’elle avait dû nous perdre de vue – rien que s’arrêter pour refaire son lacet, ça peut suffire dans la montagne. Pas le temps de faire demi-tour, et puis si on avait battu la campagne pendant des heures on se serait fait repérer, c’est sûr. Florence, Mariam, Yvan et moi. Ça ne pèse pas lourd.
Cette nuit-là, pendant mon tour de garde, j’ai compté les taches de rouilles sur le canon du fusil pour m’occuper. C’est ça le problème aussi, à chaque fois qu’on perd un membre du groupe on dort moins, parce qu’on doit re-diviser les huit heures. Au départ on était dix, c’était vivable. Maintenant, ça commence à faire longuet. Idéalement il faudrait qu’on trouve un autre groupe qui veuille bien de nous, mais avec la contamination rampante les gens sont de plus en plus soupçonneux, et je les comprends. On n’est jamais trop prudent ces temps-ci, moi y compris. Méfiance.
La nuit dernière on a dormi au bord d’un lac, dans une espèce de renfoncement rocheux. La lune s’est levée tout doucement, comme si elle avait peur de déranger, et elle avait bien raison. Quand la lune est visible, les nuits sont toujours plus dures. Ce matin au réveil, Florence n’avait plus de crâne. Elle avait encore de drôles de spasmes, et comme on ne savait pas si elle était encore vivante ou pas et que personne ne voulait la toucher, c’est moi qui lui ai tiré deux balles dans la poitrine, bam bam. Juste après, on s’est rendu compte que c’est elle qui avait la carte dans ses affaires. Personne n’a voulu prendre le risque, on est partis sans. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ?
On a continué la route au hasard pendant quelques heures. Il faisait chaud, mon fond de teint coulait, c’était épouvantable. Je me suis essuyé le visage sur ma manche, sans y penser. Yvan m’a regardé d'un drôle d'air mais il n’a rien dit. Mariam n’a rien remarqué, elle ne remarque plus grand-chose depuis qu’elle a perdu son bras (pas un zombie, pour le coup, juste un rocher). Quand je lui ai dit qu’Yvan manquait à l’appel, elle a juste haussé les épaules. C’est sûr qu’une cheville en miettes ça ne pardonne pas.
On vient de monter le camp. Mon fond de teint tombe de mon visage en petites miettes toutes sèches. Mariam regarde dans le vide. Je ne sais pas si elle se rend compte qu’elle caresse son moignon en tout petits cercles concentriques, comme s’il lui faisait encore mal. Il lui fait sûrement encore mal, j’avais lu un article là-dessus. Qu’est-ce que c’est mal fichu, un humain, et qu’est-ce que c’est beau. Je l’aurais bien gardée, elle – mais je n’avais plus de fond de teint, vous comprenez.
C’est elle qui avait le meilleur cerveau de tous. Un zombie, ça ne gaspille pas.

Bonne journée à toutes et tous

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Auzelles

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