Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

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Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

Message par Opaline le Dim 5 Nov 2017 - 8:59


5 novembre 1889
Le gouvernement lance l'armée contre les monastères.


Sous le Second Empire, les congrégations religieuses s'étaient multipliées. Les jésuites, en particulier, éduquaient une partie de la jeunesse aristocratique et bourgeoise et acquirent par là même une influence que les républicains jugeaient dangereuse. En novembre 1889, Paul Bert, ministre de l'Instruction publique, était un farouche anti-clérical. Devant l'Assemblée Nationale, Jules Ferry, qui venait de prendre la présidence du Conseil, définissait ainsi ses projets : « Défendre les droits de l'Etat contre un certain catholicisme qui n'est point le catholicisme religieux, mais politique. » En conclusion, il demandait d'exclure de l'enseignement tous les membres des congrégations non autorisées. Son discours eut un immense retentissement dans l'opinion publique. « Dans le village, l'instituteur et le curé sont près d'en venir aux mains, écrit François Corte. Dans toute la province montent des odeurs de soufre et d'encens. » « A bas la calotte », riposte-t-on au « Veni Creator »

Les débats à la Chambre sont tout aussi passionnés. Une des séances les plus orageuses se termina en un véritable pugilat : on échangea des gifles et des coups de poing, la sonnette du Président servait de projectile tandis que les manchettes, les faux cols et les souliers étaient mutuellement arrachés. Après trois semaines, la Chambre penchait nettement du côté des républicains anti-cléricaux. Jules Ferry porta enfin le dernier coup en lisant quelques extraits du manuel d'Histoire en usage dans les collèges jésuites. On y enseignait, entre autres, que Louis XVI avait été assassiné par les protestants et que, si la bigamie était fréquente dans l'hérétique Angleterre et les enfants abandonnés ou vendus, on le doit à l'institution du divorce. Le projet de loi fut voté à la majorité.

Bien que le pape Léon XIII se prononçât en faveur d'une conciliation, les congrégations d'enseignants refusèrent d'adresser une demande d'autorisation au gouvernement. Devant cette bravade, Jules Ferry décida de lancer contre les monastères des effectifs de police et de l'armée. L'opération commença le 5 novembre dès 6 heures du matin, la troupe dut forcer les portes. Au monastère de Saint-Michel-du-Frigoulet, en Provence, les moines tinrent un siège de cinq jours. A Lyon, certaines expulsions firent des blessés. A peine dissoutes, les congrégations se reformèrent, mais Jules Ferry avait atteint son but : rendre l'école « gratuite, laïque et obligatoire ».
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Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

Message par Opaline le Mer 8 Nov 2017 - 15:28

8 novembre 1942
Débarquement allié en Afrique du Nord, appelé Opération Torch.


Tout fut préparé dans un secret absolu. Un mot de passe avait été établi pour servir de signe de reconnaissance entre conjurés et soldats américains. Il avait été choisi comme devant être facile à retenir dans les deux langues : la question était Whisky et la réponse était Soda. 850 navires anglo-américains appareillèrent de Grande-Bretagne et des U.S.A. ayant comme premier objectif les ports d'Alger, d'Oran et de Casablanca. Le débarquement se fit dans la nuit du 7 au 8 novembre. A terre, tout dormait et personne ne s'aperçut tout d'abord de l'irruption alliée. Mais les Français revenus de leur surprise, le combat commença. Après une lutte de trois jours on comptait sept cents tués chez les Américains, et à peu près autant chez les Français.

En apprenant le débarquement, le maréchal Pétain ne changea pas sa politique et câbla aussitôt Alger : « J'ai toujours dit que nous défendrions notre empire contre un agresseur quel qu'il soit. Nous sommes attaqués, nous nous défendons. J'en donne l'ordre... » Le troisième personnage du Gouvernement de Vichy, l'amiral Darlan, se trouvait à Alger ce jour-là, mais il s'agissait d'un pur hasard : il venait voir son fils tombé gravement malade. Après un terrible cas de conscience, Darlan ordonna aux Français de cesser le feu. Le Maréchal le désavoua, officiellement.

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Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

Message par Opaline le Dim 31 Déc 2017 - 9:30

31 décembre 1913
Loi sur les monuments historiques

La loi relative aux monuments historiques a été promulguée le 31 décembre 1913. Synthèse de lois antérieures, elle constitue à ce jour le fondement du dispositif de la protection et de la conservation du patrimoine monumental et mobilier.

« Il y a deux choses dans un édifice : son usage et sa beauté. Son usage appartient au propriétaire, sa beauté à tout le monde (...)
Et une loi pour les monumens (sic), une loi pour l’art, une loi pour la nationalité de la France, une loi pour les souvenirs, une loi pour les cathédrales, une loi pour les plus grands produits de l’intelligence humaine, une loi pour l’œuvre collective de nos pères, une loi pour l’histoire, une loi pour l’irréparable qu’on détruit, une loi pour ce qu’une nation a de plus sacré après l’avenir, une loi pour le passé, cette loi juste, bonne, excellente, sainte, utile, nécessaire, indispensable, urgente, on n’a pas le temps, on ne la fera pas ! »
Victor Hugo, Guerre aux démolisseurs ! 1832


« C'est au contraire ce droit de propriété qu'on se propose de sauvegarder pour l'avenir, tout en assurant l'espèce de droit de copropriété idéale que la nation tout entière exerce sur les monuments classés où se reflète un moment important de son génie ou de son histoire ».
1er rapport du 11 avril 1911 fait au nom de la commission de l'enseignement et des beaux-arts chargée d'examiner le projet de loi relatif à la conservation des monuments et objets ayant un intérêt historique ou artistique par Théodore Reinach (1860-1928), député de la Savoie de 1906 à 1914.

La Commission des monuments historiques est créée dès 1837 mais la France ne se dote d'une législation qu'avec la [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien][Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Tirant les conséquences des défauts de cette première loi et des effets de la [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], un nouveau projet, en gestation dès 1907 au sein du sous-secrétariat d’État aux Beaux-Arts, est présenté à la Chambre des députés le 11 novembre 1910 par Aristide Briand, président du Conseil, ministre de l'Intérieur et des Cultes et Maurice Faure, ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts. Adoptée par la Chambre des députés le 20 novembre 1913 sur le rapport de Théodore Reinach, député de la Savoie et par le Sénat le 29 décembre 1913, la loi relative aux monuments historiques est signée le 31 décembre 1913 par Raymond Poincaré, président de la République, René Viviani, tout nouveau ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts et René Renoult, ministre de l'Intérieur.

Cette loi, l'une des plus anciennes en ce domaine dans le monde et souvent prise pour modèle, a été peu transformée jusqu'à son intégration dans le code du patrimoine, en février 2004, et à l'ordonnance du 8 septembre 2005 relative aux monuments historiques et aux espaces protégés. Maintenant un subtil équilibre entre respect du droit de propriété et intérêt général, elle régit l'ensemble des dispositions relatives à la protection et à la conservation du patrimoine monumental français, qu'il s'agisse d'immeubles, d'objets mobiliers ou d'orgues.

Sont ici recensées les différentes manifestations qui se sont déroulées tout au long de l'année 2013 pour célébrer le centenaire de cette loi qui constitue le fondement de la législation patrimoniale française. Cet anniversaire est l'occasion d'une réflexion sur sa réception, son évolution, et son sens actuel, dans un champ considérablement élargi dans ces dernières décennies. Tous les acteurs sont mobilisés : associations de propriétaires, universitaires, élus, architectes et tous les personnels du « service des monuments historiques » dans les directions régionales des Affaires culturelles et à la direction générale des Patrimoines.
Plusieurs manifestations ont pour objectif de présenter des bilans nationaux ou régionaux en mettant en valeur l'évolution des critères de protection élargis chronologiquement au patrimoine des XIXe et XXe siècles et, thématiquement, au patrimoine industriel, scientifique ou technique. La loi de 1913 et son application ont évolué en même temps qu'évoluait la vision que les Français ont de leur patrimoine culturel.

La [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] consacre une partie de son 2e numéro de 2013 au centenaire de la loi de 1913 en s'attachant à démontrer l'évolution de la politique de protection, l'évolution des techniques de restauration, dans le souci permanent de maintenir et transmettre les savoir-faire spécialisés et de développer la recherche dans le domaine de la conservation-restauration. La célébration du centenaire  est illustrée à travers une sélection d’opérations récentes de restaurations emblématiques. L’arc antique d’Orange, la cathédrale de Nevers, les fresques de la chapelle Saint-Martial du palais des Papes (Avignon), les halles du Boulingrin (Reims), le couvent de La Tourette et le diorama de Louis Daguerre à Bry-sur-Marne sont ainsi au sommaire.


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Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

Message par granny le Dim 31 Déc 2017 - 13:16

Très intéressant, merci Opaline

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Bonjour Invité, heureuse de te retrouver !

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Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

Message par Opaline le Lun 1 Jan 2018 - 14:35

1er janvier 1565
Et l'année commença un 1er janvier


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Charles IX François Clouet via Wikimedia Commons

L'année n'a pas toujours commencé au premier janvier en France. La décision fait partie de plusieurs réformes prises par Charles IX pour mettre fin au désordre ans le royaume.

L'année n'a pas toujours commencé au premier janvier. C'est même par une décision royale que le début de l'année fut fixé à cette date. L'édit de Paris pris par le jeune Charles IX en 1563 était une manière d'uniformiser et de mettre de l’ordre dans son royaume en pleine guerre de religion. De quoi nous rappeler que le calendrier, aussi, est politique.

La décision est prise à la suite d'un grand tour de France. «Charles IX est présenté à son royaume par sa mère, Catherine de Médicis, qui veut en pacifier les troubles», explique l'historien moderniste Xavier Le Person. Charles IX monte sur le trône à l'âge de 10 ans, suite à la mort prématurée de son père Henri II lors d'un tournoi et au décès de son frère aîné François II après une seule année de règne. La succession d’un roi mineur survient alors que les tensions entre catholiques et protestants s'aggravent en ce milieu de XVIème siècle.

Nouvelle année à Lyon, pas dans le reste du royaume

Lors de ce tour de France, Charles IX «écoute les doléances de ses sujets et fait le constat de la diversité des pratiques». Parmi elles, celles du calendrier, qui varie d'une partie à l'autre du royaume. «Dans certains endroits, l'année commence le 25 mars, qui est le jour de l'Annonciation, ailleurs à Pâques qui est une fête mobile, ou encore à Noël», décrit Xavier Le Person. Autrement dit, quand l'an 1560 débute à Lyon, une bonne partie du royaume est encore en 1559 pour plusieurs mois. Pas ultra simple comme fonctionnement! «Cela provoque des problèmes», confirme l'historien. Une réforme pouvait apporter une solution à ce casse-tête calendaire. C'est l'objet de l'article 39 de l'édit de Paris de janvier 1563, qui fixe pour tout le royaume le début de l'année au 1er janvier 1564.

Cet édit n'est pas le seul à œuvrer à l'uniformisation de ce royaume bien disparate. A titre d'exemple, rappelons que la Bretagne a été rattachée au royaume de France seulement quelques décennies plus tôt. A la même époque, des mesures sont prises pour harmoniser le royaume et l'adapter à une gestion plus administrative. «Il faut relier cette réforme à la logique de Villers-Cotterêts», insiste Xavier Le Person. C'est-à-dire à l'ordonnance de Villers-Cotterêts prise en 1539 par François Ier, le grand-père de Charles IX, et qui fait du français la langue obligatoire dans le droit et l'administration, y remplaçant le latin.

Dans la même veine, la Grande ordonnance de Blois de 1579 de Henri III, le successeur de Charles IX à qui Xavier Le Person a consacré sa thèse, marque un effort royal de codification des coutumes du royaume.

Un début de l'année qui concerne surtout les magistrats et les prêtres

Concrètement, l'instauration du début de l'année au 1er janvier concerne surtout les magistrats, les lettrés et au premier chef les prêtres qui enregistrent baptêmes –dont la tenue des registres est obligatoire depuis l'ordonnance de Villers-Cotterêts– mariages et décès, dans chaque paroisse. «La confusion dure 3-4 ans. On voit dans les archives que certains clercs ne savaient plus quelle était l'année en cours, ils rayaient la date, corrigeaient à nouveau... Mais en 1567, la logique royale l'emporte», décrit l'historien.

«Cette réforme ne dérange que les lettrés et pas les paysans. Elle a des impacts limités sur l'ensemble des Français», estime Xavier Le Person. Il n’a pas connaissance de fêtes paysannes célébrant le début de l'année au printemps décalées au 1er janvier pour respecter la décision royale, ce que met en scène Jean Teulé dans Charly 9, son roman sur Charles IX. Le romancier y fait référence à la mort de nombreux paysans qui auraient revêtu leur fine chemise de printemps en plein hiver! Rajoutant d'autres morts à la conscience déjà tourmentée de Charles IX, le roi de la St-Barthélémy.

Pourquoi le 1er janvier? Et pourquoi pas?

Mais, au fait, pourquoi le 1er janvier? Xavier Le Person reconnaît que cela peut faire l’objet de discussions. On reprend probablement le jour de début d’année choisi par Jules César lors de sa réforme du calendrier –dit calendrier julien– qui s’imposa ensuite à tout le monde romain.

Mais la question devrait plutôt être: pourquoi pas le 1er janvier? Choisir une date qui ne correspond à aucune fête religieuse particulière n'est pas anodin. «Dans le contexte des guerres de religion, c'est un moyen d'affirmer un temps du roi supérieur au temps de l'Eglise. Cela peut aussi apparaître comme un moyen de trouver une concorde entre protestants et catholiques, autour d'un nouveau calendrier, pas religieux, mais royal», propose Xavier Le Person.

D'après ce dernier, on manque d'études sur l'acceptation de cette réforme, mais il semble qu'elle ait été adoptée en France autant par les réformés que par les catholiques. Ce qui ne fut pas le cas de toute les réformes calendaires de l'époque.

Quelques années plus tard, en 1582, le pape Grégoire VIII réorganise lui aussi le calendrier, en remplaçant le calendrier julien par le calendrier grégorien, mieux aligné sur le temps solaire, rappelle Xavier Le Person. Le calendrier julien avait accumulé un retard d’environ 10 jours par rapport au calendrier solaire au XVIe siècle. Le pape, pour retrouver la coïncidence coupa 10 jours de l’année 1582 et pour éviter le renouvellement de l’inconvénient, décida qu’on conserverait les années bissextiles, mais sur quatre années séculaires une seule serait bissextile. Si le calendrier grégorien est immédiatement adopté par les Etats catholiques que sont la France, l'Espagne, le Portugal, ou encore les cités-Etats italiennes , «cette réforme voulue par le Pape n'est pas acceptée par les protestants». En Angleterre, le calendrier grégorien n'est adoptée que deux siècles plus tard, en 1752, non sans provoquer des émeutes à Londres.

La décision de Charles IX de commencer l'année au 1er janvier a rencontré plus de succès. Mais «il ne faut pas voir l'histoire de l'Etat en termes d'une amélioration constante» prévient le moderniste. Car, loin de participer d’une construction conceptuelle de l'Etat, cette réforme se passe de manière très pragmatique. «L'Etat fonctionne alors dans des relations d'homme à homme, il s'agit pour le roi de donner satisfaction à ses sujets». Des désordres sont constatés, des sujets se plaignent, pour mettre fin au désordre du royaume, le roi prend des décisions... dont certaines façonnent toujours l'organisation du temps actuel.
Hélène Ferrarini
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Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

Message par Opaline le Mar 2 Jan 2018 - 10:08

2 janvier 1685
Thomas Corneille entre à l'Académie.


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Thomas Corneille à l’âge de 81 ans.

De dix-neuf ans le cadet de son frère Pierre, Thomas Corneille s’appliqua toute sa vie à suivre la voie de son aîné.

Il y avait entre Pierre Corneille et son cadet Thomas une grande ressemblance de goûts, de pensée et de façon de vivre. Ils avaient épousé les deux soeurs et les deux ménages habitèrent ensemble pendant vingt-cinq ans. Les deux frères, vivant sous le même toit, avaient installé leurs bureaux l'un au-dessous de l'autre avec une trappe pratiquée par le plancher, ce qui leur permettait de se parler pendant leurs journées de travail. Voisenon affirmait que lorsque Pierre avait besoin de quelques rimes, il soulevait la trappe pour les demander à son frère. On raconte même qu'un jour Pierre Corneille, ayant plus particulièrement des difficultés pour trouver ses rimes, soulevait sans cesse sa trappe, ce qui avait fini par agacer prodigieusement son frère. A la fin de la journée, il buta encore sur un mot sans lui trouver de rime. C'était le mot perde, qui a la particularité dans le langue française de ne rimer qu'avec le mot de Cambronne... Thomas Corneille profita avec joie de cette occasion d'exprimer son énervement et donna la rime à son frère mais d'une voix particulièrement forte et claironnante.

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Pierre Corneille

Thomas Corneille a souvent été considéré par certains comme quelqu’un qui n’a été remarqué que pour le nom qu’il portait, tandis que d’autres estiment qu’il a eu la malchance d’avoir un frère qui lui faisait de l’ombre, comme il en aurait fait à presque n’importe qui d’autre. Quoi qu’il en soit, modeste, affable, toujours prêt à louer le mérite d’autrui, bienfaisant, religieux sans faste de dévotion, Thomas possédait toutes les vertus de son frère avec plus d’agrément dans l’esprit et plus de grâce dans le monde.

En 1685, il succéda à l’Académie française au fauteuil de son frère mort l’année précédente, et produisit une nouvelle édition des Remarques de Vaugelas en 1687, avant de s’atteler, en 1694, à un Dictionnaire des termes des arts et des sciences en complément du dictionnaire de l’Académie puis à un Dictionnaire universel géographique et historique en 1708. Il avait également produit une traduction complète des Métamorphoses d’Ovide en 1697.
:clphoto:
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LIRE :
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Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

Message par Opaline le Mer 3 Jan 2018 - 0:32

3 janvier 1813 :
Le travail à la mine interdit aux enfants de moins de dix ans.



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Durant des millénaires, les enfants ont filé un coup de main à leurs parents. Dans les champs, dans l'atelier, à l'usine. Et puis, voilà deux siècles, ils ont commencé à refuser le travail. Sous prétexte d'éducation...

Ce jour-là, Jean-Baptiste de Nompère, comte de Champagny et de l'Empire, duc de Cadore, grand chancelier de l'ordre de la Réunion, futur pair héréditaire des Cent-Jours, et ministre secrétaire d'État du gouvernement de Napoléon Ier, signe un décret sur le travail à la mine excluant l'embauche des enfants de moins de dix ans.

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Hurrier Cobden - 1853 : « les esclaves blancs d'Angleterre ».

À l'époque, les mômes n'étaient pas les petits fainéants d'aujourd'hui qui squattent chez leurs parents jusqu'à 25 ans et plus. Au début du XIXe siècle, la plupart des enfants sont mis au turbin dès qu'ils peuvent marcher et gagner leur croûte. Autant d'empoché par des parents qui ne peuvent pas compter sur les allocs. En pays miniers, les très jeunes enfants sont recherchés, car leur petite taille leur permet de se livrer à de nombreuses activités dans les boyaux étroits. Ils se glissent partout, tirent les wagonnets douze heures par jour. Braves gosses qui aident leurs parents ! Cette main-d'oeuvre enfantine est vraiment du pain bénit : pas chère, docile, facilement renouvelable.

Vers la fin du XVIIIe siècle, quelques âmes charitables s'inquiètent du sort de cette jeune main-d'oeuvre corvéable à merci, et réclament une réglementation pour la protéger. Napoléon se laisse attendrir. D'où la rédaction d'un décret impérial signé par le duc de Cadore. Le texte précise qu'il "est défendu de laisser descendre ou travailler dans les mines et minières les enfants au-dessous de dix ans". Ce décret reste lettre morte, car Napoléon disparaît rapidement de la scène politique. Et ce ne sont pas les frères de Louis XVI qui vont s'inquiéter du sort des mioches.

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Il faut attendre 1841 pour une nouvelle avancée en faveur de la fainéantise infantile. Vraiment timide : l'âge minimum de travail est alors porté... à 8 ans ! Mais, une fois de plus, la loi ne change rien à la pratique. Les petits morveux continent à aller au charbon. En 1874, nouvelle tentative : une nouvelle loi interdit l'embauche avant l'âge de 12 ans. Encore raté.

Enfin, le 28 mars 1882, la loi Ferry impose l'école obligatoire entre 6 et 13 ans. C'est depuis ce jour-là que nous avons commencé à devenir esclaves de nos enfants...
Le Point.fr


Victor Hugo
et le travail des enfants


Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs, que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules ;
Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche, on ne sait quoi dans l’ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer.
Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue…



Victor Hugo
Mélancholia 1856

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Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

Message par Opaline le Jeu 4 Jan 2018 - 9:34

4 janvier 1809
Naissance de Louis Braille


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L’inventeur du système d’écriture tactile à l’usage des personnes aveugles ou fortement malvoyantes, Louis Braille, naît à Coupvray, près de Paris.

À l’âge de trois ans, le jeune Louis se blesse l’ œil droit avec une alêne. La blessure s’infectant, s’étendant à l’œil gauche, provoquera sa cécité.

Ayant quitté son village natal, c'est à l'Institution Royale des Aveugles, située au 68, rue Saint-Victor à Paris, école fondée par Valentin Haüy, qu'il étudie de 10 à 17 ans, puis qu'il enseigne.
Brillant en tout, en particulier en musique, il apprend le piano puis quelques temps après l'orgue.
Il améliorera la sonographie, un système d’écriture mis en place par Charles Barbier.

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Maison Natale de Louis Braille

L'écriture braille
Louis Braille a travaillé à l'élaboration de son système d'écriture à partir de l'âge de douze ans. Entre 12 et 16 ans il va mettre au point une première version du Braille.
Il mettra en place son propre code alphabétique construit à partir de 2 rangées de 3 points, permettant 64 combinaisons comprenant l’alphabet, les accents, la ponctuation et les caractères musicaux.
L’alphabet braille sera rapidement adopté car nettement supérieur au système précédent.
En 1829 sort la première édition de l'ouvrage sur sa méthode dont la version définitive sera achevée en 1837 et qui sera peu à peu reconnue et définitivement adoptée par les aveugles du monde entier en 1844. Elle est encore universellement utilisée aujourd'hui

En 1835, Louis Braille atteint de tuberculose, a un premier accident pulmonaire. En grande partie due à l'insalubrité des locaux .
Le soir du 6 janvier 1852, il meurt à l'âge de 43 ans.
Il reposera à Coupvray avant d'être transféré au Panthéon en 1952.

Pour célébrer sa naissance, le 4 janvier sera déclarée Journée Mondiale du Braille en 2001.
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Louis Braille et son invention


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Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

Message par Miryam le Jeu 4 Jan 2018 - 16:12

je pourrais dormir tranquille j'ai encore appris 
des nouvelles choses un grand merci

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Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

Message par Opaline le Ven 5 Jan 2018 - 11:18

5 janvier 1757
Tentative d'assassinat de Louis XV


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Portait de Louis XV en costume de sacre par Hyacinthe Rigaud (1730).

Ce mercredi, à cinq heures du soir, Louis XV, alors qu'il venait de descendre l'escalier du petit-degré pour monter en voiture dans la cour de marbre, est frappé par le coup de poignard de Damiens.

Robert-François Damiens était né dans un faubourg d'Arras, appelé le faubourg Sainte-Catherine. Dès son enfance, ses noires méchancetés le firent surnommer, dans son pays, Robert-le-Diable. Il s'engagea deux fois, et se trouva au siège de Philisbourg. De retour en France, il entra en qualité de domestique au collège des jésuites : il en sortit en 1738 pour se marier. Après avoir servi dans différentes maisons de la capitale, et avoir empoisonné un de ses maîtres dans un lavement, il finit par un vol de cinquante louis qui l'obligea à prendre la fuite.

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Vu de dos, Damiens, vêtu d’une cape, porte un chapeau et tient encore son couteau à la main

Il rôda quelque temps à Saint-Omer, à Dunkerque, à Bruxelles. Revenu à Paris, et se trouvant sans condition, il allait souvent dans la grande salle du palais, le temps de la plus grande effervescence des querelles de la magistrature et du clergé. L'emportement avec lequel il parlait, alluma l'imagination de Damiens, et lui inspira l'idée du plus exécrable de tous les attentats. Le roi étant prêt de monter en carosse pour aller de Versailles à Trianon, avec le dauphin, entouré de ses grands-officiers et de ses gardes, fut frappé au milieu d'eux d'un coup qui pénétra de quatre lignes dans les chairs ; il porta la main à sa blessure, et la retira teinte de quelques gouttes de sang.

Il vit en se retournant ce malheureux qui avait son chapeau sur la tête, et qui était précisément derrière lui. Il s'était avancé à travers les gardes, couvert d'une redingotte, à la faveur de l'obscurité, et les gardes l'avaient pris pour un homme de la suite du roi. Il fut arrêté sur-le-champ, et aprè avoir subi quelques interrogatoires à Versailles, il fut transféré à Paris, dans la tour de Montgomery, au-dessus de la chambre que Ravaillac avait autrefois occupée. La grande chambre du parlement instruisit son procès. Malgré les tortures les plus cruelles, il ne fut pas possible de lui arracher le moindre aveu, qui pût faire penser qu'il avait des complices. Il protesta toujours qu'il « n'eût pas commis son crime, si on l'avait saigné copieusement, et si son imagination n'eût pas été enflammée par les propos atroces qu'on tenait à la porte de la grand'chambre. »

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Robert François Damiens devant ses juges.

On trouve dans l'histoire du parlement, de Voltaire, un passage dont la fin est curieuse. « Damiens déclara dans son interrogatoire, que c'était le nommé Gauthier, homme d'affaires d'un conseiller au parlement, qui lui avait souvent dit, qu'on ne pouvait finir ces querelles qu'en tuant le roi ; qu'il lui avait entendu tenir ce discours dix fois, et ajouter que c'était une oeuvre méritoire. » On lui confronta ce Gauthier, qui nia toute sa déposition. Il avoua seulement qu'il avait entendu un jour Damiens parler vivement des affaires du parlement, et qu'il avait dit que c'était un bon citoyen. »

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Damiens tenaillé, écartelé et brûlé


La France pittoresque

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Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

Message par Opaline le Sam 6 Jan 2018 - 10:07

6 janvier
Fête de l'Epiphanie.


Le terme épiphanie est issu du grec et signifie apparition.

On a nommé cette fête la fête des Rois, dans la prévention généralement établie que les mages étaient des rois. Ces trois mages s'appelaient Balthasar, Gaspard et Melchior. Cette fête ne se célébrait autrefois qu'après avoir été précédée d'une veille et d'un jeûne très sévère. Il paraît surprenant, qu'à une coutume si pieuse, on ait substitué plus tard une solennité bien opposée à l'abstinence et à la mortification.

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Galette des Rois artisanale.

Les Romains faisaient à la fin de décembre, ce que nous avons transporté au mois de janvier, à l'occasion de la fête des Rois ; ils tiraient au sort avec des fèves à qui serait roi.
La fève dans la galette des rois remonte au temps des Romains. C'est une fève blanche ou noire qui était déposée pour les scrutins. Au début de janvier, les saturnales de Rome élisaient le roi du festin au moyen d'une fève. Si la tradition est d'origine religieuse, elle est devenue une tradition familiale où on se rassemble pour découper la fameuse galette. Celui qui trouvera la fève sera couronné roi ... et choisira sa reine.

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La Fête des Rois, de Jacob Jordaens, v. 1640-45 (Kunsthistorisches Museum, Vienne).

Cet usage tirait son origine de ce que, chez les Grecs, on en usait pour l'élection des magistrats, d'où est venu ce précepte de Pythagore, a fabis abstine : « Ne vous mêlez point du gouvernement. » Cet usage, qui d'abord n'avait lieu qu'au mois de décembre, s'étendit ensuite à tous les autres mois de l'année. Anciennement, dit Plutarque, on créait un chef, un législateur, un roi de la table dans les repas les plus sages ; il se faisait de deux manières, ou par le sort du dé, ou par le choix des convives.

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Le Gâteau des Rois, par Jean-Baptiste Greuze, 1774 (musée Fabre, Montpellier).

On raconte qu'en 1684, le roi Louis XIV décida de fêter le jour des rois avec tous ses courtisans. On avait installé cinq tables, une pour les princes et quatre pour les dames et, bien entendu, autant de galettes. Il y eut à chaque table un roi et une reine qui devaient à leur tour nommer des ministres, des officiers, des ambassadeurs... D'une table à l'autre on s'amusait follement à se demander protection, à se proposer des alliances et aussi à se déclarer la guerre. Ce jour-là Louis XIV ne fut pas le roi, et recevoir des ordres l'amusa tant qu'il décida de recommencer la fête l'année suivante.

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Gâteau des Rois consommé dans le Sud de la France.

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Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

Message par Opaline le Dim 7 Jan 2018 - 10:00

7 janvier 1709
Terrible hiver


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Ce jour-là commença l'un des plus terribles froids dont on a gardé le souvenir, un hiver, comme le dit Saint-Simon, qui « fut de deux mois au-delà de tout souvenir ». On pouvait aller à pied du Danemark en Suède. Le Zuyderzee fut totalement gelé et même, ce qui ne s'était produit qu'en 1234, tous les canaux et la lagune de Venise furent pris par les glaces.
Le mardi 8 janvier 1709, le marquis de Dangeau notait dans son Journal : « Le roi n'a point voulu aujourd'hui aller à Trianon, parce qu'il vit hier, en allant à Marly, que ses gardes et les officiers qui le suivaient souffraient trop du froid excessif qu'il fait, car pour lui, ni le froid ni le chaud, quelque temps qu'il fasse, ne l'incommode jamais. »

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Le lagon gelé en 1709, par Gabriele Bella,
une partie de la lagune gela en 1709 à Venise


Le 26 janvier, on put voire sur le Grand-Canal des boeufs tirer des traîneaux contenant des approvisionnements. Dans toutes les forêts d'Europe, les cerfs et les sangliers mouraient par milliers. Les courriers répétaient comme un leitmotiv : « On ne se souvient pas d'avoir ressenti un froid pareil. » Cependant, le froid prit une telle ampleur que Louis XIV, qui avait alors plus de soixante-dix ans, demeura confiné chez Mme de Maintenon. La température était atroce. « L'eau de la reine de Hongrie, les élixirs les plus forts et les liqueurs les plus spiritueuses cassèrent les bouteilles dans les armoires de chambres à feu et environnées de tuyaux de cheminées, dans plusieurs appartements de Versailles. »

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Déficit de température durant l'hiver 1708/1709

Un magistrat parisien nous rapporte que « le pain gelait sur la table à mesure qu'on le mangeait. Le vin même gelait dans la cave. La bouteille de vin de Champagne se trouva toute gelée à l'exception d'un demi-verre qui était resté dans le centre de la bouteille, qui était tout l'esprit du vin et qui se trouva plus fort que de l'eau-de-vie. »
Toujours au cours de cet effarant mois de janvier 1709, le copiste de la marquise d'Huxelles dut interrompre son travail au milieu d'une lettre : l'encre de son encrier était gelée. Un incendie se déclara à Paris : lorsqu'on voulut sonner le tocsin, les cloches cassèrent ! Toutes les rivières de France étaient prises ; les moulins ne pouvaient tourner et les boulangers n'eurent plus de farine. Des centaines de personnes furent trouvées mortes de froid dans leur lit. Les oiseaux, gelés, tombaient en plein vol.

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Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

Message par Opaline le Mar 9 Jan 2018 - 9:37

9 janvier 1905
Mort de Louise Michel.


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Louise Michel en 1880.

La célèbre héroïne de la Commune, était une ancienne institutrice si passionnée par les idées révolutionnaires qu'elle en avait perdu toute féminité. « Elle est laide, disait un journaliste, mais si on essaye d'oublier qu'elle est femme, sa laideur ne choque plus. » Elle racontait d'ailleurs elle-même avec beaucoup d'humour que suivie un soir, dans une rue de Paris, par un mauvais garçon en quête d'aventure, elle s'était brusquement retournée vers lui. L'homme s'était enfui épouvanté.

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Louise Michel dans sa maison

Le 9 janvier 1905, Louise Michel mourait d’une congestion pulmonaire à Marseille où elle s’était rendue pour donner l’une de ses innombrables conférences en faveur de la cause libertaire.

En 1871, elle participe activement aux événements de la Commune de Paris, autant en première ligne qu'en soutien. Capturée en mai, elle est déportée en Nouvelle-Calédonie où elle se convertit à la pensée anarchiste. Elle revient en France en 1880, et, très populaire, multiplie les manifestations et réunions en faveur des prolétaires.

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Depuis son retour de Nouvelle-Calédonie – elle y fut déportée dès 1872 pour sa participation à la Commune – et à la faveur de l’amnistie générale de 1880, Louise Michel avait connu une intense activité de journaliste, de pamphlétaire et de conférencière. Elle était ainsi devenue une incarnation populaire de la révolution.

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Les obsèques de Louise Michel.
Albert PETERS-DESTERACT ( - )
©️ Saint-Denis, musée d'art et d'histoire - Cliché I. Andréani


La dépouille de la « Vierge rouge » fut ramenée à Paris. À la gare de Lyon, d’importantes forces de police avaient été déployées pour contenir le cortège funèbre qui devait accompagner jusqu’au cimetière de Levallois-Perret le corbillard de septième classe, dit « des pauvres », recouvert d’un drap rouge et bordé de noir.

Dans cette eau-forte polychrome, l’artiste a cherché à produire l’effet d’une foule dense et compacte, sorte de flot humain ponctué de couronnes mortuaires, hérissé de drapeaux rouges et de bannières noires, duquel émerge au centre un cuirassier du service d’ordre. En privilégiant la représentation du cortège au détriment de celle du corbillard, hors champ, l’artiste peut mettre en scène l’hétérogénéité des admirateurs de Louise Michel – femmes, ouvriers, vétérans des causes passées, gamins de Paris dont un crieur du Libertaire… – et en promouvoir la cohérence par les couleurs. Avec un cadrage serré sur la foule et l’alignement des façades qui ferme toute perspective, Peters-Destéract tente de représenter ce que fut ce parcours de quatorze kilomètres que le cortège accomplit en quatre heures.

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Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

Message par Opaline le Mer 10 Jan 2018 - 10:25

10 janvier 1870
Mort de Victor Noir.


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Pierre Bonaparte - l'un des fils de Lucien, frère de Napoléon Ier - tue ce jour-là Victor Noir, un jeune rédacteur du journal de Rochefort, la Marseillaise. La publication avait attaqué le prince Bonaparte de manière assez grossière. L'auteur de l'article, Grousset, avait même insulté toute la famille impériale, et un duel avait été prévu entre le pamphlétaire et le neveu du grand empereur.

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Victor Noir, de son vrai nom Ivan Salmon, était l'un des deux jeunes témoins envoyés par Grousset au prince, à son domicile 9 rue d'Auteuil. L'entrevue prit tout de suite un caractère violent, Victor Noir frappa Bonaparte de sa canne au visage et le prince Pierre fit feu... Il alla aussitôt se constituer prisonnier, mais, le surlendemain, les funérailles de Victor Noir devaient donner lieu à de violentes manifestations contre le régime impérial et grouper autour du cercueil de Victor Noir les futurs communards.

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Funérailles de Victor Noir

Plus de cent mille personnes se déplacent et initient une agitation anti-bonapartiste qui prélude à la chute du Second Empire. Les obsèques du 12 janvier sont frénétiques. Des gens du peuple coupent les traits des chevaux pour tirer le char funèbre à leur place. On croise dans cette foule Eugène Varlin, Louise Michel (qui prend le deuil après les funérailles), Jean-Baptiste Millière… Pour certains comme Gustave Flourens, les funérailles sont une occasion de déclencher le renversement de l'Empire, ils réclament de transporter le corps dans Paris pour appeler la foule à l'insurrection. Mais de leur côté, les partisans de l'Internationale pensent que la révolution est inéluctable et qu'il serait imprudent de la compromettre par trop de précipitation. Charles Delescluze, rédacteur du Réveil, appelle au calme et Rochefort, Vallès et Grousset proposent de se rendre à l'Assemblée, où ils ne sont même pas reçus.

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En 2004, une barrière a été installée autour de la tombe
pour empêcher cette "profanation" pas tout à fait catholique


En 1891, la dépouille, devenue un symbole républicain, est transférée à Paris au Père-Lachaise. Jules Dalou, ardent défenseur de la RépubliqueNotes , réalise son gisant en bronze, où Noir apparaît dans l’état où il aurait été trouvé après le coup de feu. L’œuvre est conçue dans un réalisme dénué de tout ornement. La bouche est ouverte et les mains gantées, les vêtements dégrafés, le chapeau a roulé.
Suivant la technique courante à l’époque, Dalou modèle d’abord la figure nue avant de l’habiller, dotant en l'occurrence son œuvre d'une virilité bien moulée par le pantalon. Ce réalisme anatomique entraîne certaines personnes superstitieuses à toucher le gisant depuis des années, d’où une oxydation disparue de la patine et une érosion du bronze sur le relief du visage, l’impact de balle, la partie virile et les chaussures, que présente la statue de nos jours. Un folklore veut en effet que les femmes en mal d’enfants touchent le gisant afin d’être rendues fertiles. C’est surtout par cette tradition, toujours en vogue, qu’est connue la sépulture de Victor Noir.

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