Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

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Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

Message par Opaline le Dim 5 Nov 2017 - 8:59


5 novembre 1889
Le gouvernement lance l'armée contre les monastères.


Sous le Second Empire, les congrégations religieuses s'étaient multipliées. Les jésuites, en particulier, éduquaient une partie de la jeunesse aristocratique et bourgeoise et acquirent par là même une influence que les républicains jugeaient dangereuse. En novembre 1889, Paul Bert, ministre de l'Instruction publique, était un farouche anti-clérical. Devant l'Assemblée Nationale, Jules Ferry, qui venait de prendre la présidence du Conseil, définissait ainsi ses projets : « Défendre les droits de l'Etat contre un certain catholicisme qui n'est point le catholicisme religieux, mais politique. » En conclusion, il demandait d'exclure de l'enseignement tous les membres des congrégations non autorisées. Son discours eut un immense retentissement dans l'opinion publique. « Dans le village, l'instituteur et le curé sont près d'en venir aux mains, écrit François Corte. Dans toute la province montent des odeurs de soufre et d'encens. » « A bas la calotte », riposte-t-on au « Veni Creator »

Les débats à la Chambre sont tout aussi passionnés. Une des séances les plus orageuses se termina en un véritable pugilat : on échangea des gifles et des coups de poing, la sonnette du Président servait de projectile tandis que les manchettes, les faux cols et les souliers étaient mutuellement arrachés. Après trois semaines, la Chambre penchait nettement du côté des républicains anti-cléricaux. Jules Ferry porta enfin le dernier coup en lisant quelques extraits du manuel d'Histoire en usage dans les collèges jésuites. On y enseignait, entre autres, que Louis XVI avait été assassiné par les protestants et que, si la bigamie était fréquente dans l'hérétique Angleterre et les enfants abandonnés ou vendus, on le doit à l'institution du divorce. Le projet de loi fut voté à la majorité.

Bien que le pape Léon XIII se prononçât en faveur d'une conciliation, les congrégations d'enseignants refusèrent d'adresser une demande d'autorisation au gouvernement. Devant cette bravade, Jules Ferry décida de lancer contre les monastères des effectifs de police et de l'armée. L'opération commença le 5 novembre dès 6 heures du matin, la troupe dut forcer les portes. Au monastère de Saint-Michel-du-Frigoulet, en Provence, les moines tinrent un siège de cinq jours. A Lyon, certaines expulsions firent des blessés. A peine dissoutes, les congrégations se reformèrent, mais Jules Ferry avait atteint son but : rendre l'école « gratuite, laïque et obligatoire ».




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Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

Message par Opaline le Mer 8 Nov 2017 - 15:28

8 novembre 1942
Débarquement allié en Afrique du Nord, appelé Opération Torch.


Tout fut préparé dans un secret absolu. Un mot de passe avait été établi pour servir de signe de reconnaissance entre conjurés et soldats américains. Il avait été choisi comme devant être facile à retenir dans les deux langues : la question était Whisky et la réponse était Soda. 850 navires anglo-américains appareillèrent de Grande-Bretagne et des U.S.A. ayant comme premier objectif les ports d'Alger, d'Oran et de Casablanca. Le débarquement se fit dans la nuit du 7 au 8 novembre. A terre, tout dormait et personne ne s'aperçut tout d'abord de l'irruption alliée. Mais les Français revenus de leur surprise, le combat commença. Après une lutte de trois jours on comptait sept cents tués chez les Américains, et à peu près autant chez les Français.

En apprenant le débarquement, le maréchal Pétain ne changea pas sa politique et câbla aussitôt Alger : « J'ai toujours dit que nous défendrions notre empire contre un agresseur quel qu'il soit. Nous sommes attaqués, nous nous défendons. J'en donne l'ordre... » Le troisième personnage du Gouvernement de Vichy, l'amiral Darlan, se trouvait à Alger ce jour-là, mais il s'agissait d'un pur hasard : il venait voir son fils tombé gravement malade. Après un terrible cas de conscience, Darlan ordonna aux Français de cesser le feu. Le Maréchal le désavoua, officiellement.




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